Les Couleurs de la mer 

Charles-François (1817-1878) et Karl (1846-1886) Daubigny en Normandie

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Cette vue des falaises – néanmoins non localisées précisément –  au soleil couchant est un formidable résumé de la qualité de la  lumière en Normandie et de l’impact des falaises sur le paysage. Prise à marée basse, il y reproduit avec talent ce que l’on voit  subrepticement au printemps et en été : les diffractions multicolores de la lumière rouge du soleil sur les flaques des différents plans d’eau coincés entre les galets, les rochers couverts d’algues apparaissant comme noirs sous l’effet du contre jour et du ciel couvert, et la mer, fine couche de blanc argenté vers l’infini de l’horizon. Au-dessus du soleil justement, les nuages gris et blancs, dans leur mouvement, participent à rendre irréels ces ciels que tous les Normands connaissent comme réels, et que le soleil couchant et la mer subliment. En y ajoutant des bleus clairs ou sombres, le peintre y concentre même une variété  d’instants observés mais météorologiquement incompatibles. Il  s’inscrit ainsi dans cette démarche de synthèse du mouvement impressionniste.

Ici, l’artiste a amplifié et dynamisé une composition de 1858. Une diagonale anime le paysage, de l’angle supérieur gauche à la petite portion de mer, visible à droite du tableau. Les tilleuls sont couronnés de volumineuses frondaisons, dont les contours arrondis, modelés par la lumière du soleil, évoquent ceux de pins parasol. La riche palette des verts contribue à la dynamique de l’ensemble. Le format panoramique,  dit aussi « en double carré », que Daubigny a adopté pour cette  œuvre destinée au Salon, apparaît pour la première fois au milieu  des années 1850.

La  toile sera saluée avec enthousiasme par la critique. 

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Oeuvres consultables :


1. Charles-François Daubigny 

Les Graves au bord de la mer, à Villerville ; Calvados, 1859

Huile sur toile, 

Marseille, musée des Beaux-Arts

© Ville de Marseille, Dist. RMN-Grand Palais / Jean Bernard


2. Charles-François Daubigny

Les Graves au bord de la mer à Villerville

Huile sur toile, 

Marseille, musée Grobet-Labadié

© Ville de Marseille, Dist. RMN-Grand Palais / David Giancatarina


3. Karl Daubigny

 - Coucher de soleil à Villerville

Huile sur toile,

Honfleur, musée Eugène Boudin


 - Vue de la plage de Villerville

Huile sur bois,

Collection particulière


4.Charles-François Daubigny

Villerville. Les Graves, coup de soleil, vers 1873

Huile sur toile,

Collection Peindre en Normandie. Région Normandie


5. Charles-François Daubigny

Plage de Villerville à marée basse

Huile sur bois,

Amsterdam, Rijksmuseum


6. Karl Daubigny

Falaises au soleil couchant

Huile sur toile,

 Dieppe, musée de Dieppe

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Dans cette petite huile sur panneau conservée au Rijksmuseum, le peintre dirige une nouvelle fois son regard vers le nord-est.  -L’eau et le ciel occupent presque toute la surface de la composition, constituée d’une succession de bandes horizontales. Le Pré des Graves, où chemine une femme, panier sur l’épaule, est réduit à un étroit bandeau vert foncé au premier plan, en bas à droite du tableau. La mer est figurée à marée basse. Le gris-vert froid de l’étendue liquide se prolonge jusqu’à l’horizon marqué par le ruban aux tons roses et violacés du littoral havrais. a plus grande partie du tableau est consacrée au ciel. Pour restituer l’atmosphère voilée, l’artiste a appliqué sur un fond bleu clair des touches aux tons gris légèrement colorés. Au-dessus de la ligne d’horizon, les groupes de nuages isolés se parent de teintes orangées sous l’effet du soleil couchant. Le peintre les a relevés de ponctuations orange vif et mauve clair qui constituent les notes les plus intenses de l’œuvre.

Cette oeuvre se distingue de celle juste au-dessus par une application très libre des couleurs. Disposées en lignes et touches rapides, elles  confèrent toute sa dynamique au pâturage. Dans la couronne des  arbres, quelques traits noirs tracés à même la couche colorée de l’ébauche, esquissent la structure des branches. Dans le ciel, l’artiste ajoute les différentes nuances de bleu par de rapides passages en zigzag sur un fond blanc cassé. 

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Deux expressions pleinement concentrées évoquent la place  incontournable et irradiante des paysages de mer de Charles  Daubigny. Henri Focillon parle à leur sujet d’infinis diminutifs qu’il emprunte à la poétique de Baudelaire, tandis que le comte Doria, ce grand collectionneur de paysages d’Adolphe-Félix Cals, parle pour ce qu’il voit se produire sur les côtes de Normandie d’un impressionnisme gris, ce gris dont Vélasquez disait qu’elle était la couleur la plus difficile mais la plus fascinante à traiter.

Les tableaux que Daubigny peint à Villerville sur le pré des Graves sont d’une puissance expressionniste inégalée à l’époque. La stratégie de la captation de la nature semble atteindre un point de non-retour. Le pittoresque est vaincu par l’héroïsme des éléments.

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Karl Daubigny, Coucher de soleil à Villerville

Karl Daubigny, Vue de la plage de Villerville

Coulisses : un accrochage minutieux

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Lueurs éclatantes du soir…

Dans ces deux œuvres sur bois, probablement réalisées en plein air, le peintre restitue les lueurs éclatantes du soir par le seul jeu des couleurs, mettant à profit le couchant pour expérimenter sur le vif leur luminosité et leur force expressive. L’étendue étale de la mer, que rident à peine quelques vagues, souligne la quiétude vespérale de ces paysages. Dans le tableau appartenant à une collection privée, un frêle canot, glisse seul sur les eaux bleues, tandis que s’élève à l’horizon le délicat panache de fumée d’un vapeur. Dans le ciel à peine voilé par une légère brume, le jaune clair cède peu à peu la place au bleu. La peinture du musée Eugène Boudin frappe par sa palette encore plus vive. Le bleu turquoise de la mer est bordé à l’horizon par une ligne d’un rose lumineux. Les teintes du ciel animent de leurs reflets colorés les vagues qui viennent déferler sur la grève. Saisis à contre-jour, trois personnages, l’un portant sur l’épaule un filet de pêche à pied dit « bout-de-quièvre », assistent également à cette scène captivante.

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 La citation !

« Cette vue de Villerville dont je vous ai parlé, c’est quelque chose de merveilleux »


Claude Monet à Eugène Boudin dans une lettre du 3 juin 1859 après que le jeune maître ait visité le Salon et découvert cette toile Charles-François Daubigny conservée aujourd’hui par le musée des Beaux-Arts de Marseille (1)

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