Les Couleurs de la mer 

Charles-François (1817-1878) et Karl (1846-1886) Daubigny en Normandie

En immersion numérique

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Cette œuvre de grand format est l’une de celles que Karl Daubigny  décide de léguer par testament, le 9 mars 1885, au musée du Louvre ; elle s’accompagne alors de la Vallée de la Scie. Ces deux tableaux conçus pour le Salon  constituent probablement l’un des sommets de la prometteuse  carrière de ce fils qui, pour subir encore largement l’influence de  son père, n’en démontre pas moins déjà ses grandes qualités  de coloriste et de paysagiste. Nous sommes ici aux abords de la Ferme Saint-Siméon, cette auberge honfleuraise accueillant le  monde local de la mer mais donnant également asile aux peintres en recherche de motifs sur le littoral bas-normand. Conséquence de la synthèse à l’atelier d’études prises sur le vif ou de l’éloignement du site représenté, le peintre obtient cette plongée insensible de la terre vers la mer et cet effet pictural d’une

douce transition entre les tendres verts de la prairie et les bruns  dégradés des rochers de l’estran, où s’abandonnent quelques  voiliers attendant la marée haute. 

La représentation de cette route, un chemin étroit qui longe la Ferme Saint-Siméon et descend en pente douce vers le littoral  pour mener à Trouville, est datable des années honfleuraises d’Eugène Boudin ; elle est particulièrement intéressante par la synthèse qu’elle opère entre les leçons apprises et les aspirations propres de l’artiste normand. Elle illustre en effet tout d’abord la production du paysagiste qu’il est surtout au début de sa carrière, bien avant qu’il ne devienne pleinement le peintre de marines que l’on connaît : il subit alors l’influence des peintres  dits  de l’École de Barbizon, auquel on associe traditionnellement la figure de Charles-François Daubigny. Cette manière encore « classique », qui transparaît notamment dans le traitement de la végétation, tout comme l’empreinte rurale du sujet,  sont autant de traits qui trahissent la fréquentation de Constant Troyon (1810-1865), dont on a justement rapproché le Retour du marché, peint vers 1855, de l’œuvre présente. Boudin apportera  d’ailleurs en 1861 un concours étroit à la réalisation des œuvres  du maître, de la mise au carreau de celles-ci à la préparation de  ses ciels.

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Charles-François Daubigny, Le Port, 1874

Huile sur toile

Saint-Gall, Kunstmuseum


Karl Daubigny, Voiliers sur l’Estuaire, 1877

Huile sur bois

Pau, musée des Beaux-Arts

Oeuvres consultables :


1. Karl Daubigny

Les Environs de la ferme Saint-Siméon à Honfleur

ou Honfleur : ferme Saint-Siméon ou Paysage de bord de mer, 1873

Huile sur toile,

Dépôt du musée d’Orsay, Paris, au musée d’Art, Histoire et Archéologie, Évreux


2. Par ordre d’apparition :

- Alexeï Bogoluboff (1824-1896)

Marine

Huile sur panneau

Honfleur, musée Eugène Boudin


- Karl Daubigny

Paysage à la barque et grand arbre

Huile sur panneau,

Honfleur, musée Eugène Boudin


3. Karl Daubigny

La vallée de la Scie, 1875

Huile sur toile

Paris, musée d’Orsay


5. Eugène Boudin (1824-1898)

La Route de Trouville (près du Butin), Honfleur, vers 1855-1860

Huile sur toile,

Honfleur, musée Eugène Boudin






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L’importance de cette toile dans l’œuvre de Karl Daubigny ne se mesure pas seulement à ses dimensions ambitieuses. L’artiste a en effet souhaité la léguer avec une autre peinture de grand format, Les environs de la ferme Saint-Siméon, à Honfleur, au musée du Louvre par un testament rédigé en 1885. L’œuvre est décrite comme une « composition large et chaude » juste  avant l’ouverture du Salon de 1875 par Eugène Gaillet.

Les critiques du Salon sont élogieuses et cherchent souvent à mesurer l’artiste à l’aune du modèle paternel. 

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En bonne compagnie

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Les séjours sur le littoral normand des Daubigny sont naturellement l’occasion de côtoyer de nombreux artistes - aînés, amis ou élèves - et d’échanger sur la pratique picturale de chacun : le choix d’un sujet, l’appréhension d’un cadrage ou l’utilisation de la couleur trahissent ainsi des jeux d’émulation, voire d’influence. 

L’année 1865 est à cet égard remarquable par la concentration de ceux que l’on peut trouver, parfois réunis sur le motif, entre Deauville et Honfleur     : outre Charles-François et Karl, Claude Monet, Gustave Courbet, Johan-Barthold Jongkind, James Abott Mc Neill Whisler ou encore Eugène Boudin sont ainsi à pied d’oeuvre devant la nature.

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L’anecdote : Bogoluboff VS Daubigny

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Ces deux œuvres provenant de la fameuse Ferme Saint-Siméon étaient demeurées dans la collection d’un descendant du négociant et collectionneur honfleurais Désiré Louveau (1843-1913), qui les avait peut-être lui-même acquises lors de la vente du mobilier de la Ferme Saint- Siméon, en 1883. Les  circonstances de leur création, quant à elles, relèvent presque de la « mythologie saint-siméonienne » car  elles sont avant tout fondées sur le récit qu’en fit en 1900 Soudan de Pierrefitte (1850-1938),  un chroniqueur du  Paris mondain, aventurier à ses heures et co-fondateur de la Société du Vieux Honfleur, dans une livraison de son journal Le Petit Normand. Ce témoignage est prétendument la transcription du passage d’une lettre qu’Eugène Boudin lui avait adressée : « J’ai vu », y disait  le peintre, « dans l’“atelier” de St-Siméon, Karl Daubigny joûter de vitesse avec le peintre russe Bogoluboff, pour peindre un “morceau”. Je pris la montre : Le maître français couvrit sa toile en 6 minutes ; mais le russe arriva bon premier, avec un panneau sur une porte – en 4 minutes ». L’exécution très enlevée des deux panneaux  – sur des éléments  mobiliers comme cela s’observait dans de nombreuses auberges accueillant des « rapins » -témoigne en tout cas, si ce n’est d’un concours de vitesse, tout du moins d’une certaine rapidité d’élaboration. Karl brosse une volumineuse frondaison sur fond probable de Seine, une barque mouillant dans une échancrure de la rive, quand Bogoluboff, peintre longtemps réputé pour ses combats navals, concentre voiles et matures aux abords d’un port dans une gamme chromatique beaucoup plus sombre. 

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